Thématique
Armisitice 1914/18
90e anniversaire
23/08/08
Ban de Sapt - La Fontenelle Senones




Commémoration du 90e anniversaire de
l'Armistice 1914
18

23 août
~ Ban de Sapt / La Fontenelle / Senones


Nécropole de la Fontenelle




REQUIEM AETERNAM DONA EIS, DOMINEET LUX PERPETUA LUCEAT EIS.
DONNEZ LEUR, SEIGNEUR, LE REPOS ETERNEL
ET QUE LA LUMIERE BRILLE SANS FIN.
(4e livre d’Esdras)


Après les ténèbres des tranchées et le vacarme de la mitraille vient le temps du repos dans le calme et la lumière.


Le thème des Requiem s’impose naturellement pour ce programme 2008 du Festival des Abbayes qui trouve ainsi sa place dans l’ensemble des manifestations commémoratives du quatre-vingt dixième anniversaire de la fin de la première guerre mondiale.


Quoi mieux que la musique peut restituer l’émotion liée au souvenir d’un défunt proche ou d’une tragédie collective. Et parmi les genres musicaux, le Requiem possède sans aucun doute la première place. Il n’est pas étonnant que les compositeurs aient toujours été attirés par le genre. De Guillaume Dufay à Fran Gorecki, on compte plus de quatre cents messes des morts. Les compositeurs du XXe trouvent même un regain d’intérêt dans ce genre musical.


Qu’elle se nomme messe de Requiem, missa pro defunctis ou missa defunctorum, la messe des morts est devenue au fil du temps l’une des plus complètes de l’Ordo qui régit la liturgie des différents jours de l’année. Pendant très longtemps, la messe des morts se différencie peu de la messe habituelle. Selon son gré, l’officiant intègre telle ou telle séquence, le Dies Irae par exemple dont on trouve un modèle dès le IXè siècle. Parfois s’y ajoutent des rites mortuaires particuliers, notamment l’absoute et la bénédiction du corps avec ses chants propres, le Libera me et le In paradisum. La messe des morts ne s’est véritablement uniformisée qu’au XVIe siècle. L’ne des parties les plus importantes, le Dies irae, appelée également « la séquence » peut regrouper jusqu’à dix neuf strophes, les plus connues étant Dies irae, Tuba mirum, Rex tremendae, Confutatis et Lacrymosa. Le compositeur puise à son gré dans cette séquence selon l’intention qu’il veut traduire. Jusqu’à ce jour, la messe des morts reste la seule messe en musique où l’ordinaire, Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei et Ite Missa soit habituellement intégrer au propre à savoir Graduel, Alleluia, Séquence, Offertoire et Communion.


Au plain chant ou grégorien du moyen âge succède la polyphonie de la renaissance. Les différentes sections de la messe des morts sont traitées sans dramatisme et traduisent les notions initiales de paix et de lumière. Parmi les plus connus des requiem de cette période, retenons celui d’Eustache du Caurroy chanté traditionnellement aux funérailles des rois de France, celui de Thomas Luis de Victoria considéré comme l’un des plus importants.

Au XVIIe siècle, l’entrée en scène de l’orchestre donne à la messe des morts une ampleur jusque là inconnue. Les instruments apportent une puissance suggestive inégalée. Au XVIIIe siècle, le requiem sont traités comme des concerti ou des symphonies, avec solistes, orchestre et chœurs.


Le romantisme du XIXe transforme profondément l’esprit du requiem : la liturgie laisse la place au concert. La messe des morts devient une sorte d’oratorio. Des éléments dramatiques sont introduits pour traduire les terreurs du Jugement dernier. Les exemples les plus significatifs sont certainement les requiem de Berlioz et de Verdi. Certaines œuvres abandonnent complètement les séquences de la liturgie. Le requiem allemand de Johannes Brahms refuse le recours aux textes liturgiques mais utilise des textes bibliques. Au XXe siècle, la forme du Requiem éclate dans toutes les directions. Les références liturgiques ou religieuses sont parfois totalement absentes ; seule subsiste alors le regard du compositeur en direction de la condition humaine.


Certains compositeurs, notamment en France, réagiront en redonnant au genre sa dimension

Liturgique et en réintroduisant l’idée de paix et de lumière contenue dans le titre. A ce titre, il faut citer le magnifique requiem de Gabriel Fauré ou celui de Maurice Duruflé typiquement grégorien.

Le Requiem continue de bénéficier d’un vif intérêt. Commémoration d’un être cher disparu ou conjuration d’un danger présent ou à venir, les occasions ne manquent pas pour rechercher l’apaisement dans l’émotion suscitée par le genre musical.



// Journée du 23 août ~ Concert et animations culturelles


+ Visites guidées de la nécropole et des lieux de combats de La Fontenelle
+ Conférences destinées au plus grand public
1 . "les artistes dans la guerre» :
Ravel, Debussy, de Marquet à Guingot"
| Mr Gilles Banderier
2 . "Charles Péguy, victime
et prophète de l’Apocalypse"
| Mr Gilles Banderier
Ces programmes ne sont pas encore définitifs et peuvent être soumis à des changements. (Pour tous renseignements, s'adresser à l'Office de tourisme du Pays des Abbayes au / 03 29 57 91 03)
+ Concert du soir par la pianiste Réni Masunaga qui interpretera des oeuvres de Maurice Ravel et Claude Debussy dans le cadre du 90e anniversaire de l'armistice de 1918


sources . René Absalon