Mercredi 09 juillet | 20.30 | Abbaye de Moyenmoutier


GRANDE ÉCURIE ET CHAMBRE DU ROY
Direction. Jean-Claude Malgoire
CHŒUR CANTAREUNION






GRANDE ÉCURIE ET CHAMBRE DU ROY

Direction. Jean-Claude MALGOIRE

Né en Avignon, Jean-Claude Malgoire a commencé dans cette ville ses études musicales. Après un début de carrière comme hautboïste symphonique et musicien de chambre, il se penche sur les problèmes d’interprétation de la musique actuelle et enregistre un disque récital comprenant des oeuvres de Holliger, Castiglioni, Shinoara, etc. Il obtient à cette époque plusieurs distinctions internationales dont la récompense suprême au Concours International de Genève 1968. En 1972, il est choisi par Bruno Maderna comme soliste de l’Ensemble Européen de Musique Contemporaine. Il est remarqué par Charles Münch qui le nomme soliste Cor anglais de l’Orchestre de Paris où il devient l’un des instrumentistes préférés de Münch ; Ozawa...

Cependant, dans le même temps où il poursuit sa carrière d’instrumentiste, une passion irrésistible le saisit concernant l’approche de musiques “anciennes”. Cette passion l’entraîne à la recherche d’instruments disparus pour les faire reconstituer, de partitions oubliées, etc. pour cela il fouille très activement les bibliothèques d’Europe, recherche des manuscrits, réalise des partitions à partir de documents d’archives, les compare, se livre donc à la “musicologie” la plus vivante qui soit, puisqu’elle conduit à la recréation d’oeuvres oubliées, sinon perdues pendant des siècles. La connaissance qu’il acquiert peu à peu des styles d’interprétation des musiques des XVIIe et XVIIIe siècles, l’incite à créer un ensemble d’instruments à vent qui prendra le nom de “Grande Ecurie du Roy” en référence au nom de l’ensemble jouant les musiques de fêtes au temps des rois : François Ier, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV. Très vite, il lie à cet ensemble une formation de musique de chambre ‘La Chambre du Roy” pour jouer les musiques d’intérieur des même époques.



"Abolition de l’esclavage 1848 - 2008"
160e anniversaire"
Grand office funèbre / J. Sigmund Neukomm

20.30

J. S. Neukomm
1778 · 1858


C’est en visitant le Mexique et Cuba en 1830, que Victor Schoelcher y fut révolté par l’esclavage et qu’il entreprit la longue croisade qu’il devait faire aboutir en 1848, en tant que parlementaire, en faisant adopter le décret sur l’abolition de l’esclavage dont l’on célèbrera le 160e anniversaire en 2008.

Ce combat long et incertain devait être partagé à la même époque par un musicien ; le compositeur austro-français Johann Sigismund Neukomm qui, dés 1816, fut le premier à accepter de travailler à Rio de Janeiro avec un compositeur "de couleur" - José Mauricio Nunes Garcia, tandis qu’il écrivait des œuvres pour les musiciens noirs de la Chapelle Impériale de Rio, ou encore, "truffait" ses pièces de musique de chambre d’éléments mélodiques et rythmiques autochtones.

Caraïbes et Brésil sont donc tout naturellement à la source lointaine du "Grand Office funèbre" écrit par Neukomm en 1838, pour une destination inconnue. Si les rites en sont essentiellement ceux de la liturgie chrétienne (faisant se succéder le De profundis au psaume Miserere et, enfin, le traditionnel Requiem), Neukomm y indique une véritable mise en scène, faite de cortèges et utilisant (sans doute pour la première fois dans la musique européenne) des instruments de percussion extra – européens.

Paradoxalement, c’est à partir d’une autre terre, profondément marquée par l’esclavage, - l’Ile de la Réunion – qu’est venue l’initiative de marquer cette commémoration (qui verra également célébrer le 250e anniversaire de la disparition de Johann Sigismund Neukomm), par la création d’un véritable cérémonial musical. Celui-ci mettra en rapport cette œuvre de Neukomm "abolitionniste de l’esclavage avant l’heure", avec un cérémonial funèbre de l’Océan Indien, autour des rites funéraires à la Réunion ainsi qu’à Madagascar. Au delà de la confrontation (ou du rapprochement ?) de deux pratiques sociales de la mise en scène de la mort, c’est plus globalement le rapport universel des hommes avec la mort qui sera évoqué ici.

C’est le chef français Jean-Claude Malgoire, entouré des musiciens de sa Grande Écurie et Chambre du Roy qui dirigera cette production, avec le concours de vingt-quatre chanteurs du Chœur de l’Océan Indien, animé entre Madagascar et Réunion par Jean-Louis Tavan.


Le Couvent Les Chemins du Baroque

sources . Alain Pacquier