Samedi 28 juin | 20.30 | Abbaye de Moyenmoutier


ORCHESTRE NATIONAL DE LORRAINE
Direction. Jacques Mercier
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Delphine Haïdan, soprano
Henrike Jacob, mezzo
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Richard Bousquet, ténor
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Jérôme Varnier, basse
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ENSEMBLE ALLEMAND (non communiqué)
LA PSALETTE DE LORRAINE
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ENSEMBLE VOCAL MÉTAMORPHOSE
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Delphine Haïdan, soprano


Formée par Jacques Grimbert et titulaire d’une maîtrise de Musicologie obtenue à la Sorbonne, Delphine Haidan remporte un Prix d’opéra au CNSM de Paris et plusieurs prix dans des concours internationaux. Elle entre ensuite à l’École d’Art Lyrique de l’Opéra National de Paris et est immédiatement engagée par l’Opéra pour chanter dans Peer Gynt sous la direction de Neeme Järvi et dans Noces de Stravinsky.

Depuis lors, Delphine Haidan aborde régulièrement le répertoire baroque avec Christophe Rousset et Les Talens lyriques : Tamerlano de Haendel (Bruxelles, Festival de Beaune, Cité de la Musique), la Décapitation de saint Jean-Baptiste de Bononcini (Festival de Saint-Denis), et des opéras du XVIIIe aux festivals de Sienne, de Peralada, et Estiu de Barcelone. Elle chante Galatée dans Acis et Galatée de Haendel avec Emmanuelle Haïm et Le Concert d’Astrée (Festivals de Beaune, Auvers-sur-Oise et Grenade).

Delphine Haidan est vite engagée pour interpréter des rôles mozartiens et rossiniens : Chérubin (Bordeaux, Rennes, Avignon, Tel-Aviv), Dorabella (avec Jean-Claude Malgoire en tournée, à Bordeaux avec Yutaka Sado), Idamante, Zerline (Opéra National de Paris avec Ivor Bolton), Rosine (Opéras de Saint-Étienne, Massy, et plus récemment à l’Opéra Comique de Paris) et Isabella dans l’Italienne à Alger. Delphine Haidan s’affirme dans le répertoire français avec le rôle-titre de l’Enfant et les sortilèges (à Dresde et à Toulouse sous la direction de Michel Plasson, au Théâtre des Champs-Elysées avec Charles Dutoit, à l’Opéra de Paris avec James Conlon et à Londres avec Kent Nagano) ; Nicklausse dans les Contes d’Hoffmann ; Siebel dans Faust (Liège, Festival de Santander) ; Charlotte dans Werther (Massy, Opéra des Flandres) ; Sélysette dans Ariane et Barbe-bleue, ainsi que dans les Bavards à l’Opéra-Comique. Elle s’est également produite dans Eugène Onéguine (Olga), dans Carmen (Mercédès) au Festival de Glyndebourne, dans Lulu (Un Lycéen) au Théâtre du Capitole de Toulouse et à l’Opéra Royal de Wallonie et plus récemment dans Ariane à Naxos (le Compositeur) à Limoges et à Metz.

Parallèlement à l’opéra, elle aborde l’oratorio notamment avec l’Enfance du Christ, le Stabat Mater de Rossini et la Messe glagolitique de Janacek, le Serment de Tansman avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung, le Requiem de Mozart ; les Scènes de Faust de Schumann, le Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn (avec l’Orchestre National de Lyon dirigé par Emmanuel Krivine, et l’Orchestre de l’Opéra National de Paris placé sous la direction de Gary Bertini) ; Golgotha de Frank Martin au Musikverein de Vienne et, dernièrement, Prima la Musica (Donna Eleonora) sous la direction de Nikolaus Harnoncourt à Vienne ainsi que la Mort de Cléopâtre de Berlioz et Mors e Vita de Gounod…

Parmi ses projets figurent la Chauve-souris (Orlovsky) et Rigoletto à l’Opéra de Metz, les Noces de Figaro (Chérubin) à l’Opéra de Nice, la Clémence de Titus (Sesto) à l’Opéra de Rouen, l’Enfance du Christ à Moscou (sous la direction de Vladimir Fedoseyev), ainsi que de nombreux concerts de musique de chambre et récitals.

Sa discographie comprend un récital Mozart, Schubert, Strauss enregistré au Festival d’Auvers-sur-Oise avec Peter Waters, la Flûte enchantée (Festival d’Aix en Provence) avec Les Arts Florissants dirigés par William Christie, Manon (sous la direction de Jesus Lopez-Cobos) et Lakmé (sous la direction de Michel Plasson).



Requiem K. 626 / W. A. Mozart
20.30

W. A. Mozart
1756 · 1791


Oublions les légendes toujours vivantes qui entourent encore la création de cette composition ultime et dont l’origine est à situer probablement dans l’entourage de Mozart, très tôt après sa mort. Constance, la veuve du compositeur, aurait souhaité redorer le blason de son génie de mari auprès des autorités politiques en montrant que ce dernier avait consacré les derniers mois de sa vie à l’écriture d’une œuvre pieuse afin d’obtenir sa rédemption.

La vérité historique est bien plus digne d’intérêt.
Le comte Walsegg, musicien amateur, voulait composer un requiem pour célébrer l’anniversaire de la mort de son épouse bien aimée. Ces enfants, considérant que leur mère valait mieux q’une œuvre de son époux, l’incitèrent à confier son projet à un grand compositeur comme Mozart. C’est ainsi que le comte passe à Mozart une commande en bonne et due forme devant notaire avec l’intention de faire passer cette messe pour sienne. Le messager habillé de noir existe bien : il s’agit de l’intendant du comte qui vient s’inquiéter de l’état d’avancement du travail commandé.
Tant de chefs-d’œuvre pour la plupart inachevés marquent l’année 1791. En effet Mozart vit ses derniers mois. C’est à la Flûte enchantée qu’il consacre ses dernières forces. Le musicien n’a que trente cinq ans, mais les soucis financiers constants et le travail acharné l’ont épuisé. Toute son énergie est consacrée à l’écriture de deux opéras, la Clémence de Titus et la Flûte enchantée dont le succès immédiat fait entrevoir à Mozart un avenir plus serein. Dans la foulée, il compose un concerto pour clarinette et une cantate maçonnique.

Quant à ce Requiem, Mozart ne semble pas pressé de le terminer. Peut être craint-il que sa conclusion constitue également sa propre fin ? Le compositeur s’arrêtera à la huitième mesure du Lacrimosa. Ce n’est cependant pas la première fois qu’entre une messe et un opéra, le compositeur n’hésite pas à choisir. Début Novembre 1791, s’arrête à la huitième mesure du Lacrymosa pour se mettre au lit. Il ne se relèvera plus. Il dicte alors ses recommandations à son élève Sussmayr sur la façon de terminer l’oeuvre après sa mort. Le compositeur meurt le 5 décembre.

Joseph Eybler, un autre élève de de Mozart sera également associé à l’écriture de l’œuvre. Par ailleurs des billets du musicien ont été retrouvés quelques temps après contenant des fragments de musique.

Le travail des musicologues n’a pas permis à ce jour de conclure sur la paternité précise des trois compositeurs sur les phases finales de l’œuvre.
Trente ans plus tard, Sigismund Neukomm apportera une conclusion au requiem de Mozart en composant un Libera me à Rio de Janeiro, lors d’un séjour au Brésil.
Destin hors du commun de cette œuvre, seulement pour moitié de Mozart, devenue une œuvre universelle grâce, probablement à la complexité de sa création, et certainement à la lumière apaisante qui la caractérise et qui nous émeut tous, croyants ou non croyants.


sources . ONL