Samedi 28 juin | 20.30 | Abbaye de Moyenmoutier


ORCHESTRE NATIONAL DE LORRAINE
Direction. Jacques Mercier
Delphine Haïdan, soprano
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Henrike Jacob, mezzo
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Richard Bousquet, ténor
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Jérôme Varnier, basse
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ENSEMBLE ALLEMAND (non communiqué)
LA PSALETTE DE LORRAINE
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ENSEMBLE VOCAL MÉTAMORPHOSE
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ensemble metamorphoses

ORCHESTRE NATIONAL DE LORRAINE

Direction. Jacques MERCIER

Fondé en 1976, L’Orchestre national de Lorraine, alors Philharmonie de Lorraine, est une formation de 75 musiciens permanents qui, au fil des années, affirme sa vocation d’ambassadeur culturel de sa région en se produisant non seulement dans les 4 départements lorrains mais également dans toute la France et au-delà des frontières ainsi que dans de nombreux festivals. A la tête de l’orchestre se sont succédé Emmanuel Krivine, Jacques Houtmann et Jacques Lacombe. Sur leur invitation, l’orchestre a accueilli des artistes aussi prestigieux que José Van Dam, Anne Quéffelec, Augustin Dumay, Maria Bayo, Cecilia Bartoli, Jean-Jacques Kantorow, Pieter Wispelwey, le Beaux Arts Trio et de jeunes talents consacrés comme Sonia-Wieder Atherton, Laurent Korcia, Renaud Capuçon, Anne Gastinel... Implanté à Metz, au coeur de l’Europe, l’Orchestre national de Lorraine entretient une étroite coopération avec les institutions culturelles des pays voisins consacrée par une présence accrue au Musikfestspiele Saar où l’orchestre s’est produit seul et avec le Rundfunk-Sinfonieorchester Saarbrücken sous la direction de chefs prestigieux tels Rafael Frühbeck de Burgos et Günther Herbig. L’orchestre se produit régulièrement à l’Arsenal, lieu d’exception évoqué en termes élogieux par le célèbre violoncelliste Mstislav Rostropovitch "Cette maison a une acoustique fantastique, des proportions idéales pour la musique et une atmosphère que je trouve exceptionnelles. Par ses proportions et sa discrétion, elle est liée à toutes les musiques". En parallèle, l’Orchestre national de Lorraine assure la saison lyrique de l’Opéra-Théâtre. Au gré d’événements comme le Festival d’Art Sacré de Paris, les Flâneries musicales d’été de Reims, le Primavera concertistica di Lugano, le Festival de Sully-sur-Loire, le Festival d’Antibes d’Eve Ruggieri et en avril 2000, son concert au Musikverein de Vienne... l’Orchestre national de Lorraine dévoile les différentes facettes d’un orchestre dynamique et passionné.



Dans le répertoire de l’orchestre, les grands classiques sont au rendez-vous mais les créateurs de talent de notre époque trouvent également leur place. L’Orchestre national de Lorraine en collaboration avec l’Arsenal accueille depuis plusieurs années des compositeurs en résidence comme Patrick Marcland, Édith Canat de Chizy, Philippe Hurel et Martin Matalon. La programmation riche de nuances subtiles affirme une réalité musicale fort attrayante.Dans son parcours discographique,
lL’Orchestre national de Lorraine a enregistré Stravinski, Prokofiev, Beethoven et propose également des oeuvres inédites qui mettent en valeur un patrimoine régional de qualité trop longtemps négligé, sous-estimé, voire injustement méconnu. Unanimement apprécié par la critique, on peut citer les enregistrements du Stabat Mater et du Requiem (K617) de Théodore Gouvy. Ce dernier a obtenu les plus importantes récompenses discographiques : le Choc du Monde de la Musique, 5 Diapasons d’or, 9 au Magazine Répertoire, RTL d’or.
En février 2006, est sorti chez Universal le Cd de Martin Matalon avec trois œuvres orchestrales majeures Torito Catalan, Les Trames III et V avec Eric Aubier(Trompette) et Marc Coppey (violoncelle).

Dans la lignée des disques consacrés à Gabriel Pierné par le label Timpani, est sorti en avril 2007 l’enregistrement de l’ONL avec une œuvre majeure du compositeur : l’An Mil. Ce Cd a obtenu un "diapason d’or".




Jacques Mercier, direction


Jacques Mercier fait ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il obtient le Premier prix de direction d’orchestre à l’unanimité. La même année, il est Premier Prix du Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon et Lauréat de la Fondation de la vocation.

Jacques Mercier entame rapidement une carrière internationale. Il dirige de prestigieuses formations :

l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national de Radio France, le London Symphony Orchestra, l’Orchestre philharmonique de Stockholm, l’Orchestre philharmonique de Moscou, l’Orchestre de la Suisse Romande… Qualifié de "Souveräner Dirigent" à Berlin, Jacques Mercier se produit également au festival de Salzbourg tout comme à Bucarest, Helsinki et Madrid, où il est cité par la critique comme "l’un des meilleurs chefs français et européens de sa génération". De 1982 à 2002, Jacques Mercier est Directeur artistique et Chef permanent de l’Orchestre National d’Île-de-France. Il développe une politique artistique exigeante et ambitieuse qui vaut à cet orchestre d’être reconnu aujourd’hui comme une formation de tout premier plan. La critique ne tarit pas d’éloges sur le travail accompli par Jacques Mercier et sa formation : "Déployant une énergie et un enthousiasme communicatifs, Jacques Mercier est parvenu à hisser sa formation au premier rang des orchestres français." (Olivier Bellamy dans L’Evénement du Jeudi) ; "Jacques Mercier a fait la preuve irréfutable de son grand talent, fait de précision et de maîtrise, mais aussi de flamme et de panache." (Pierre Petit dans Le Figaro) ; "L’ONDIF s’impose, sous la houlette de Jacques Mercier, comme l’une des meilleures phalanges symphoniques nationales." (C.C. dans France-Soir). En 1995, l’Orchestre National d’Île-de-France reçoit un hommage spécial lors de la soirée des Victoires de la musique classique. Durant sept années, Jacques Mercier a été Chef permanent du Turku Philharmonic en Finlande : une expérience déterminante dans son approche des œuvres des compositeurs du nord de l’Europe comme Sibelius, dont il s’attache à faire découvrir le répertoire en France. Mais son talent, fait de précision, de rigueur, de finesse et d’une extrême sensibilité, s’illustre également à merveille dans le répertoire français des XIXe et XXe siècles jusqu’à la musique d’aujourd’hui qu’il défend avec passion – des créations, dont celles de Iannis Xenakis, Luis de Pablo, Philippe Manoury et Wolfgang Rihm, sont inscrites à son répertoire.

Pour le choix de ses enregistrements, Jacques Mercier fait preuve de curiosité et de pertinence. On lui décerne le Grand Prix de l’Académie Charles Cros pour Bacchus et Ariane et Mélodies d’Albert Roussel ainsi que le Prix de l’Académie du disque lyrique pour Djamileh de Bizet. Son dernier enregistrement, Le Martyre de Saint-Sébastien de Claude Debussy, paru chez RCA a obtenu le "Choc" du Monde de la Musique. Dans le domaine de l’opéra, Jacques Mercier dirige tout particulièrement des œuvres issues du répertoire français : Carmen, Faust, Béatrice et Bénédict, Dialogues des Carmélites… Élu "Personnalité musicale de l’année 2002" par le Syndicat professionnel de la critique dramatique et musicale, Jacques Mercier est aujourd’hui Chef permanent et Directeur artistique de l’Orchestre National de Lorraine à Metz et se fixe pour objectif d’amener cette phalange au tout premier plan.



Requiem K. 626 / W. A. Mozart
20.30

W. A. Mozart
1756 · 1791


Oublions les légendes toujours vivantes qui entourent encore la création de cette composition ultime et dont l’origine est à situer probablement dans l’entourage de Mozart, très tôt après sa mort. Constance, la veuve du compositeur, aurait souhaité redorer le blason de son génie de mari auprès des autorités politiques en montrant que ce dernier avait consacré les derniers mois de sa vie à l’écriture d’une œuvre pieuse afin d’obtenir sa rédemption.

La vérité historique est bien plus digne d’intérêt.
Le comte Walsegg, musicien amateur, voulait composer un requiem pour célébrer l’anniversaire de la mort de son épouse bien aimée. Ces enfants, considérant que leur mère valait mieux q’une œuvre de son époux, l’incitèrent à confier son projet à un grand compositeur comme Mozart. C’est ainsi que le comte passe à Mozart une commande en bonne et due forme devant notaire avec l’intention de faire passer cette messe pour sienne. Le messager habillé de noir existe bien : il s’agit de l’intendant du comte qui vient s’inquiéter de l’état d’avancement du travail commandé.
Tant de chefs-d’œuvre pour la plupart inachevés marquent l’année 1791. En effet Mozart vit ses derniers mois. C’est à la Flûte enchantée qu’il consacre ses dernières forces. Le musicien n’a que trente cinq ans, mais les soucis financiers constants et le travail acharné l’ont épuisé. Toute son énergie est consacrée à l’écriture de deux opéras, la Clémence de Titus et la Flûte enchantée dont le succès immédiat fait entrevoir à Mozart un avenir plus serein. Dans la foulée, il compose un concerto pour clarinette et une cantate maçonnique.

Quant à ce Requiem, Mozart ne semble pas pressé de le terminer. Peut être craint-il que sa conclusion constitue également sa propre fin ? Le compositeur s’arrêtera à la huitième mesure du Lacrimosa. Ce n’est cependant pas la première fois qu’entre une messe et un opéra, le compositeur n’hésite pas à choisir. Début Novembre 1791, s’arrête à la huitième mesure du Lacrymosa pour se mettre au lit. Il ne se relèvera plus. Il dicte alors ses recommandations à son élève Sussmayr sur la façon de terminer l’oeuvre après sa mort. Le compositeur meurt le 5 décembre.

Joseph Eybler, un autre élève de de Mozart sera également associé à l’écriture de l’œuvre. Par ailleurs des billets du musicien ont été retrouvés quelques temps après contenant des fragments de musique.

Le travail des musicologues n’a pas permis à ce jour de conclure sur la paternité précise des trois compositeurs sur les phases finales de l’œuvre.
Trente ans plus tard, Sigismund Neukomm apportera une conclusion au requiem de Mozart en composant un Libera me à Rio de Janeiro, lors d’un séjour au Brésil.
Destin hors du commun de cette œuvre, seulement pour moitié de Mozart, devenue une œuvre universelle grâce, probablement à la complexité de sa création, et certainement à la lumière apaisante qui la caractérise et qui nous émeut tous, croyants ou non croyants.