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GRAND CONCERT DE CLÔTURE

LES MUFFATTI

& VOX LUMINIS

Odes aux forces de la Nature

Tellemann - D'Almeida

mardi 23 août

21h00

Abbaye Moyenmoutier

réservation

info + concert


PROGRAMME
LISBONNE TREMBLE

Ode au Tonnerre (Die Donnerode)
Georg Philipp Telemann (1681 - 1767)

Missa a 8 en fa majeur
Francisco António de Almeida (1702 - 1755)



1755 - CHOC EN EUROPE

A l’occasion du grand tremblement de terre de Lisbonne, évènement majeur en Europe, Voltaire, qui vient de quitter de l’abbaye de Senones, s’émeut : «…Cent mille infortunés que la terre dévore, qui sanglans, déchirés, et palpitans encore, enterrés sous leurs toîts, terminent sans secours dans l’horreur des tourmens leurs lamentables jours…» Puissance divine implacable ou Nature terrifiante? La question fait alors débat.

Telemann par sa prise de position ou Almeida à travers le sort tragique quer lui réserve ce cataclysme en sont des acteurs...

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ENSEMBLE LES MUFFATTI
Peter Van Heyghen,
direction

LES MUFFATTI sont nés en 1996 du désir de jeunes musiciens bruxellois de se doter d'un outil de travail professionnel qui, dans le domaine de l'interprétation de la musique orchestrale baroque, concède une place primordiale à la jouissance de la musique tout en autorisant l'exploration en profondeur de son contenu ainsi qu'une grande minutie artisanale dans son exécution. Leur enthousiasme, leur investissement et leur idéalisme trouvèrent écho en la personne de Peter Van Heyghen .
Avec Peter Van Heyghen, Les Muffatti se sont affirmés sur la scène internationale et se sont produits un peu partout en Europe et dans les plus grandes salles.
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Peter Van Heyghen

Peter Van Heyghen

Vox Luminis Festival des Abbayes Lorraine

CHOEUR DE VOX LUMINIS
Lionel Meunier
direction

Vox Luminis voit le jour en 2004 à l'occasion d'un concert donné à Namur — capitale de la Wallonie, Belgique. Il se définit comme un groupe à géométrie variable composé de solistes — pour la plupart, issus du Conservatoire Royal de musique de La Haye — d’un continuo et d’instrumentistes additionnels, selon les besoins. En 2009, Vox Luminis se fixe définitivement à Namur.

Dès sa création l'ensemble se caractérise par sa cohésion et séduit tant par la personnalité de chaque timbre, que par la coloration et l'homogénéité des voix. Tous les membres de Vox Luminis sont enthousiastes à l’idée de partager avec le public leur passion de la musique ancienne. Le répertoire est essentiellement italien et allemand du XVIe au XVIIIe siècle.
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Vox Luminis et les Muffatti





les Muffatti




Bellerofonte Castaldi

Francesco António de Almeida
1702 - 1755 (?)

Lisbonne tremble

Le jour de la Toussaint 1755 eut lieu l’un des séismes les plus destructeurs que l’Europe eût jamais connu. À 9h40, trois longues secousses dévastèrent la ville de Lisbonne. Les survivants se réfugièrent sur les quais de la ville qui semblaient les moins détruits. Peu après, les habitants purent voir l’océan se retirer, laissant apparaître les navires échoués, mais aussi d’anciens naufrages et des marchandises perdues au fond de la mer. Et puis le tsunami déferla, et des incendies se déclarèrent. Ces trois catastrophes détruisirent la ville dans sa quasi-totalité. On estime les victimes directes entre 50 et 70 000 personnes, près du quart de la population de la ville ! Une eau-forte, réalisée peu de temps après le séisme, nous montre l’ampleur de cette catastrophe.

Outre Lisbonne, les secousses du séisme furent ressenties jusqu’en Europe du Nord. Des tsunamis frappèrent également les côtes de l’Afrique du Nord et dévastèrent plusieurs villes côtières ou traversèrent l’océan Atlantique.

Suite aux destructions des principaux ports du Portugal et de l’Andalousie, le commerce mondial fut bouleversé. L’Europe du Nord reprit alors à son compte le trafic vers le Nouveau Monde. Ainsi, la vie du Portugal et la géopolitique européenne furent radicalement modifiées.

De manière indirecte, le séisme eut deux conséquences très importantes : la naissance de la sismologie ainsi qu’une réflexion laïque et religieuse très poussée sur les desseins divins.

Suite au séisme, des enquêtes furent menées à grande échelle dans toutes les paroisses du pays au sujet des dégâts et des comportements des animaux (c’est la première fois dans l’histoire que l’on observa scientifiquement ce phénomène, bien connu aujourd’hui). Tous ces témoignages ont été conservés et grâce à ces relevés, on estime que le séisme atteignit un niveau supérieur à 8,5 sur l’échelle de Richter. De cette époque datent également les premières théories sur les séismes. Kant, par exemple, écrit : « Les tremblements de terre nous révèlent que, vers la surface, la terre est creusée de cavernes, et que, sous nos pieds, des galeries de mine secrètes courent de toutes parts en de multiples dédales. Ceci sera sans aucun doute établi par les progrès dans l’histoire des tremblements de terre. […] Les cavités contiennent toutes un feu ardent, ou du moins une matière combustible qui n’a besoin que d’une légère stimulation pour faire rage avec furie alentour et ébranler ou même fendre le sol au-dessus. »

En cette époque des Lumières, les philosophes et certains religieux furent profondément affectés par cette catastrophe. Qu’elle survienne dans un pays catholique, un jour férié de surcroît, était incompréhensible. L’arbitraire caractérisant la mort ou la survie des personnes fut souligné par Voltaire qui écrivit même un Poème sur le désastre de Lisbonne. Ses idées s’opposaient frontalement d'ailleurs à Rousseau : comment expliquer le paradoxe entre l’existence du malheur sur Terre face à la toute-puissance divine ou sa bonté ?

Au XXe siècle, certains firent un rapprochement entre le tremblement de terre de Lisbonne et le génocide des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, car ces deux événements transformèrent durablement, par leur nature même, la culture et la philosophie occidentale.



La Donnerode de Georg Philipp Telemann est en rapport direct avec cet évènement. Elle fut composée en 1756, pour la première commémoration de cette catastrophe. Telemann dirigea la première exécution en l’église Sainte-Catherine de Hambourg. Par la suite, l’Ode fut jouée plusieurs fois et, face à son succès, Telemann la compléta en 1760 d’une seconde partie. Le livret ne reprend pas de réflexions philosophiques mais se fonde sur un autre livret de Johann Andreas Cramer, que d’aucuns surnomment le « Métastase allemand », inspiré par les psaumes 8 et 29. L’absolue majesté du Seigneur, sa toute-puissance sur tous les éléments de la nature et son amour et sa justice infinis à l’égard de l’humanité en sont les thèmes centraux. Les métaphores et imageries somptueuses présentes dans les deux livrets sont particulièrement aptes à une description musicale. L’œuvre est conçue sans récitatifs et quatre mouvements chorals ponctuent les arias. Grâce à l’abondance des couleurs et aux affects très contrastés, cette ode peut être considérée comme l’un des modèles compositionnels les plus significatifs de l’art musical baroque.

Moins connu que Telemann, Francesco António de Almeida est pourtant l’un des compositeurs portugais les plus importants de son époque. Né sans doute en 1702, il fut l’un des tout premiers boursiers envoyés à Rome par le roi du Portugal Jean V pour y étudier l’art musical italien. Il y côtoya vers 1720 des compositeurs comme Caldara, Corelli ou Pasquini. Deux oratorios, Il Pentimento di Davidde et La Giuditta, lui permirent de se tailler rapidement une réputation. Un dessin de Pier Leone Ghezzi nous le présente comme « Jeune mais excellent compositeur de concertos et de musique sacrée avec un goût “extrêmeˮ. »


De retour à Lisbonne en 1728, il composa des sérénades puis le premier opéra en italien à être chanté au Portugal : La Pazienza di Socrate. Des six opéras italiens créés à la cour royale dans la première moitié du XVIIIe siècle, trois sont de sa main. Sa dernière œuvre connue, la sérénade L’Ippolito, fut écrite en 1752. Nous n’avons plus aucune donnée biographique concernant Almeida après 1755 et les historiens considèrent qu’il fut probablement l’une des victimes du tremblement de terre de Lisbonne.

La messe en fa majeur est une composition luxuriante, qui fait appel à un large éventail de voix et d’instruments : chœurs, solistes, cordes, hautbois, flûtes, cors combinent des éléments propres à la tradition polyphonique portugaise avec les techniques de compositions apprises à Rome. La partition originale se trouve aujourd’hui à Kassel en Allemagne et nous ignorons les conditions dans lesquelles elle fut interprétée à l’origine. Le musicologue João Paulo Janeiro s’est particulièrement intéressé à la musique sacrée d’Almeida. Selon lui, de par son architecture, cette messe est assez singulière dans la musique baroque européenne. Elle est composée de seize parties, alternant passages solistes, chœurs homophoniques ou fugués et ritournelles instrumentales. Le style est parfois concertant, parfois très italianisant, parfois d’un style liturgique sévère, avec le seul accompagnement de l’orgue, comme dans la surprenante conclusion du dernier mouvement.

LES CONFERENCES


Une histoire de parc :
lieu de loisir, de soin ou de sociabilité…


Mireille-Bénédicte BOUVET, conservateur régional de l'Inventaire général Région Alsace Champagne Ardenne Lorraine

abbaye de Moyenmoutier
23 août - 17h00